A rien !

C’est ce que répondrait la majorité des personnes interrogées, à peine leur bulletin de vote glissé dans l’urne ; même si ce reniement est moins sensible s’agissant des Maires.

Étrange paradoxe de la démocratie !

Chacun a son idée de la manière dont devrait être gouvernée la France, une région, une ville, mais les consensus sont difficiles. Nous avons autant de visions politiques que de citoyens.

En s’engageant au service de la cause publique, rares sont celles et ceux qui ont conscience de l’ampleur de la tâche, qu’ils entrent dans une vie nouvelle en termes de disponibilité, de responsabilité, qui prend le pas sur tout, la famille, les amis, la vie professionnelle, sans parler des loisirs.

« Ça rapporte ! ».

On parle trop souvent de la minorité d’élus malhonnêtes et dispendieux, mais de grâce ne doutons pas de l’intégrité morale et matérielle de ces milliers d’élus qui forment dans notre pays un maillage quasiment unique au monde. Ne doutons pas de leur sincérité. Non, ce ne sont pas des pendards*.

L’indemnité des élus est transparente, plafonnée et soumise à l’impôt. Cette indemnité, reconnaissance récente, prive de toute excuse ceux qui céderaient à la tentation, en raison de pouvoirs parcellaires qu’ils détiennent momentanément. Elle est aussi une compensation à l’activité professionnelle souvent abandonnée.

Pour moi, un élu, ce n’est pas un gestionnaire : les hauts cadres de l’administration sont là pour cela et le font beaucoup mieux. Un élu, c’est celui qui veille à la cohérence permanente de sa ville ou de sa commune, au lien entre ses habitants, c’est celui qui développe une vision d’avenir pour servir les projets de chacun dans l’intérêt général. C’est cette notion d’intérêt général qui est souvent la plus difficile à faire prévaloir. Je conçois qu’elle soit sujette à définition, à interprétation.

Même s’il déteste cela, l’élu a besoin de contre-pouvoirs : d’oppositions, clairement identifiées. Il a besoin également, c’est d’autant plus vrai pour un Maire, d’organisations de femmes et d’hommes sur le terrain qui sont à la fois le relais de l’information et qui portent le débat (comités de quartiers, conseils de dialogue et associations tels que nous en avons à Annecy). Il a enfin surtout besoin de citoyens responsables.

C’est à ce prix, dans la concertation, la remise en cause et le bon sens que l’élu ne restera pas enfermé pendant 6 ans dans ses certitudes.

Mais, le secret, l’essentiel, c’est ce lien indéfinissable qui se crée entre le Maire et les citoyens. Il ne peut exister que si l’élu aime sa ville et ses habitants.