Un des exercices les plus importants du mandat d’un élu est le vote du Budget. C’est vrai sur le plan local comme sur le plan national.

Celui d’Annecy sera examiné lundi 17 décembre.

Oh ! Je sais d’avance qu’il fera l’objet de critiques, d’observations, de contre-propositions, bref d’un débat normal et indispensable à toute démocratie.

Dans la perspective de cette échéance, je voulais évoquer le budget de la France, mais entre les annonces, les retraits, les amendements surprise… j’ai du mal à m’y retrouver.

Je me suis penché alors sur le budget européen pour mieux comprendre les secousses qu’engendrait sa difficile élaboration.

Ce budget porte sur la période 2014-2020. Il doit être validé à l’unanimité des 27 membres ! Première exigence de taille !

Certains chefs d’Etat et de Gouvernement sont en faveur d’une rigueur budgétaire (la Grande-Bretagne à leur tête, suivie par l’Allemagne), d’autres sont opposés à des coupes drastiques dans le budget.

Si ces divergences concernent le budget dans sa globalité, il y a deux politiques qui font l’objet d’oppositions : la Politique Agricole Commune qui représente 40 % du budget de l’Union, (défendue par la France, l’Espagne ou encore l’Italie), et les fonds structurels, plus spécialement les politiques de cohésion en faveur des pays les plus pauvres de l’Union.

Comme si ces enjeux et ces positions n’étaient pas suffisamment graves et handicapants, il convient d’ajouter la posture du Président du Parlement européen menaçant, lui, de voter contre le projet de budget si celui-ci était trop réduit, celle du Président de la Commission qui, pour sa part, a proposé une augmentation du budget, et enfin celle du Président du Conseil Européen qui souhaitait 75 milliards d’économies réparties sur toutes les politiques !

Le Président du Conseil a du revoir sa copie, et la PAC ainsi que la politique de cohésion ont vu leurs crédits augmenter ; proposition à laquelle le Premier Ministre de la Grande-Bretagne s’est immédiatement opposé !

Bref, le budget européen n’est toujours pas voté.

Rappelons que le budget 2011 était de 142 milliards d’euros.

En fait l’Europe ne doit pas être uniquement l’affaire de quelques uns et de spécialistes indispensables. Les citoyens doivent aussi pouvoir s’en emparer.

Ces quelques lignes ne détaillent pas ce budget européen, mais indiquent succinctement la complexité de cette institution, l’importance de son budget et l’impact qu’il a sur notre vie quotidienne.

Alors, chers Collègues, il nous faut relativiser la difficulté de nos débats budgétaires. Réjouissons-nous de ne pas avoir à le voter à l’unanimité !

Mais si je tenais à évoquer le budget européen c’est pour rappeler ses conséquences directes pour notre Pays, pour notre territoire et les impôts des Haut-Savoyards.

Budget 2011 de l'Union européenne

Répartition du budget 2011 de l’Union européenne