IntercoA l’heure où tous les élus cherchent à faire des économies substantielles au sein de leur commune, mais également au sein des EPCI auxquels ils appartiennent, deux postures cohabitent ou s’affrontent.

La première, est la mutualisation. Elle consiste à mettre en commun des services relevant d’une entité, en général la ville centre, pour la mettre à disposition d’autres collectivités dans la double perspective de diminuer le nombre d’agents affectés à ces tâches et de réaliser des économies d’échelle.

Cette idée fort à la mode, part du constat que les fonctionnaires sont aujourd’hui tous sous-employés dans les postes qu’ils occupent. Je sais que le conformisme d’aujourd’hui c’est « Haro sur les fonctionnaires » qu’ils seraient la source de tous les maux de ce pays, en surnombre, fainéants, au statut privilégié etc.

Je ne dois pas vivre sur la même planète que certains politiques qui participent à cette hallali car les agents de la Ville d’Annecy sont dans leur grande majorité, dévoués à la cause publique, à celle de la ville, avec un plan de charge encadré et pour 75 % d’entre eux, catégorie C gagnent entre 1200 et 1700 € par mois en fin de carrière. C’est donc un préalable, insoutenable, sur le plan de leur compétence et de leur engagement.

Plusieurs études ont montré la difficulté de la mise en œuvre de la mutualisation et la diminution inéluctable des services au public. De surcroît ces mêmes études ont montré qu’avant d’obtenir une économie significative sur le long terme, on observait un renchérissement des coûts de fonctionnement.

Si dans plusieurs domaines la Ville d’Annecy s’est engagée (certes de manière partielle) dans des coopérations intercommunales ou intercommunautaires, avec succès, je ne crois pas à la mise en commun généralisée des services.

Je me souviens du débat qui a prévalu lors de la nomination d’1 seul directeur pour 4 établissements d’hébergement pour personnes âgées de l’Agglo. Aujourd’hui, le malaise des familles vient nous rappeler que la gestion financière ne rime pas avec la gestion humaine.

La seconde est la fusion de communes. Elle apparaît en effet comme la voie la plus efficace pour faire des économies d’échelle.

La fusion à 13 communes, certes est ambitieuse. Mais les mesures législatives prévues pour une telle commune nouvelle sont incitatives à condition de la concrétiser dès le 1er janvier 2016.

Nous devons donc nous engager résolument, courageusement dans cette voie, dont je ne nie pas les difficultés à surmonter, mais qui est aujourd’hui la seule possible pour porter un projet collectif de territoire et répondre aux enjeux auxquels sont confrontées nos collectivités.

Nous devons prendre notre destin en main et marquer de notre volonté l’écriture d’une page de notre histoire locale.