Je m’insurge contre mes adversaires politiques qui réclament, de manière récurrente et quasi-unanimement, la gratuité de bon nombre de services rendus aux Annéciens. C’est ainsi qu’à gauche comme à droite, le budget de la Ville devrait supporter la gratuité de l’eau, la gratuité des bus, la gratuité de la cantine, la gratuité des stationnements, la gratuité du ramassage des ordures ménagères, … Mais qui payerait ? Les entreprises ? L’ensemble des contribuables Annéciens, qu’ils soient usagers ou pas, qu’ils aient des enfants ou pas, qu’ils soient riches ou pauvres ? La gratuité a toujours un coût.

Et ceux qui en bénéficieraient seraient indifféremment, certes, les familles les plus modestes, mais aussi les plus aisées, les cadres supérieurs,… Bref, nous serions dans un système aux antipodes de la justice sociale recherchée.

Pour revenir au début de mon propos, je suis philosophiquement contre cette mise en situation de déresponsabilisation. Nous menons à la Ville d’Annecy une politique des prix, payée par les usagers, inférieure au coût réel du service. Cette politique de solidarité, où chacun paye selon ses moyens, est l’honneur de notre Ville. Pour qu’elle continue à être efficace il faut rappeler régulièrement le prix réel du service rendu et la part supportée par la Ville.

L’indispensable solidarité exige équité, vision et courage de dire « non » à la démagogie du tout gratuit.