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Etrange paradoxe que la situation des grandes villes et des villes moyennes où les candidats aux municipales foisonnent et celle des petites communes pour lesquelles parfois aucun candidat ne s’est encore déclaré. Dans un cas des services et des moyens pour faire face aux réponses à apporter aux citoyens, dans l’autre, des femmes et des hommes, seuls, obligés quelquefois, de prendre la pelle pour déblayer la neige.

Nous nous retrouvons, quels qu’aient été les moyens mis en œuvre, intercommunalités, péréquation… dans la réalité d’une France à deux vitesses. Il y a quelques années, nous parlions de l’aménagement du territoire, il y avait même un ministère qui lui était dédié… .Hier, on faisait en sorte de mailler tout le territoire de dessertes de transport, rail, route, au mépris de la rentabilité ce qui était la définition même du service public.

Aujourd’hui, retour au pragmatisme économique, à la rentabilité. Cela conduit à une répartition sociologique, en terme notamment de tranche d’âge entre l’urbain et le rural. Les villes centre concentrant les personnes âgées là ou les services sont à proximité notamment en terme de santé. S’y ajoutent également les plus vulnérables pour qui la proximité des services sociaux offrent une chance de survie. Dans un futur immédiat, les élus des villes centre avec la raréfaction de l’argent, la diminution des dotations de l’Etat, la quasi impossibilité d’augmentation des impôts locaux en raison de la paupérisation de la majorité de leurs concitoyens devront faire des choix : augmenter les tarifs des services, diminuer l’offre du service public et/ou le dégrader. Face à des concitoyens de plus en plus exigeants, la chose ne sera pas aisée.

A Annecy, nous n’en sommes pas là. Notre maîtrise depuis des années de nos dépenses de fonctionnement, où chaque recrutement est discuté, évalué, jaugé, notre gestion de la dette qui en fait une des villes les moins endettée de France, notre veille à ce que nos investissements n’engendrent pas systématiquement des frais de fonctionnement, mais participent à la vitalité et à la préparation de l’avenir de la ville, nous permet d’être sereins.

Pour garder ce cap, il ne faut pas céder à la surenchère, ni à la mégalomanie, et surtout ne pas être ignorants des réalités qui nous gouvernent.