Pendant des années j’ai été « droit dans mes bottes » sur l’armement de la Police Municipale. J’étais contre.

Tout d’abord, par philosophie personnelle et politique. Je ne pouvais pas concevoir des agents municipaux qui sont pour moi avant tout et essentiellement des agents de proximité auprès de la population, chargés certes de veiller au respect des arrêtés du maire, mais aussi d’être au service des annéciens, armés.

L’exemple de la situation aux États-Unis avec la possibilité à chaque citoyen américain de détenir une arme à feu et ses nombreuses victimes, étaient pour moi l’illustration flagrante de ce qu’il ne fallait pas faire.

A l’État la Police Nationale armée, à la commune, la Police Municipale de proximité, complémentaire. A chacun son rôle, à chacun sa mission, à chacun ses moyens.

L’État s’est très largement déchargé sur les maires de missions qui lui revenaient jusqu’alors en matière de sécurité. L’état d’urgence n’a fait que tendre encore davantage une situation qui ne permet plus un service public satisfaisant aux citoyens.

Il n’est évidemment pas possible aujourd’hui que des agents de la Police Municipale soient au contact d’une manifestation de maintien de l’ordre, d’une manifestation sensible en matière de sécurité… Or, les policiers municipaux sont les plus présents sur le terrain, ils quadrillent, ils surveillent, ils connaissent les points sensibles névralgiques. Comment des policiers municipaux peuvent-ils rassurer la population alors qu’eux-mêmes ne se sentent pas en sécurité ?

Depuis quelques mois déjà, je sentais que mon raisonnement prenait l’eau. J’avais beau répondre à mes interlocuteurs plaidant pour un armement de la Police Municipale qu’on pouvait équiper nos agents avec des armes de substitution dites armes non létales (taser, flash-ball), on me répondait que seules ces armes avaient provoqué des accidents et qu’aucun n’avait été recensé ces 5 dernières années concernant l’usage d’arme à feu par les polices municipales…

J’ai donc passé l’été à reconsidérer ma position pour décider en cette rentrée, d’armer les policiers municipaux d’Annecy.

Je précise que le Maire doit demander au titre de ses pouvoirs de police, une autorisation préfectorale. Que les autorisations individuelles des agents de police municipale doivent être accompagnées d’un certificat médical et psychique. Une formation initiale et des entraînements sont obligatoires.

J’ai bien conscience que cette décision n’est pas anodine. J’en porte la responsabilité. Celle qui est de s’adapter à l’évolution de l’organisation de notre société, et d’assumer la protection de nos concitoyens, celle de nos policiers municipaux.