Je veux parler ici de tous ceux qui, bien qu’appartenant à un groupe, liés par des objectifs communs, décident jour après jour une expression personnelle destinée à se distinguer. Ils ont souvent l’art et la manière d’expliciter leur attitude par des méandres difficilement compréhensibles, qu’ils tentent de relier aux intérêts initiaux du groupe. Ils justifient une posture individuelle par l’enjeu général.

Ils ont leur public, d’abord eux-mêmes, et ils sont en général recherchés par les médias, qu’ils soient locaux ou nationaux, pour qui toute expression d’intérêt général est souvent traduite par un profond ennui, du politiquement correct… du peu vendeur ! Le « franc »-tireur, lui, inspire, crée la polémique, bref, intéresse lecteurs, spectateurs et auditeurs par la petite phrase à contre-courant. Et je ne jette pas la pierre ici à la presse, notamment écrite, car je connais leurs difficultés économiques même si tout n’est pas justifiable.

Il est clair que l’expression de ces « francs »-tireurs crée une certaine cacophonie sur laquelle le « leader » doit s’expliquer et ramener aux idées fondatrices.

C’est un signe des temps, chacun veut être « calife à la place du calife ». Chacun lorgne sur les prérogatives de son voisin pour dénoncer les privilèges dont il est sensé jouir. Ce faisant, plus personne n’est à sa place, plus personne ne sait qui est compétent mais chacun veut revendiquer l’apparence du pouvoir.

« Mange ta soupe ! » répliquait mon collègue et ami Jean-Paul Amoudry, lors d’une polémique politique (réplique qu’il tenait de sa grand-mère).

C’est bien la formule qui convient pour qualifier la puérilité et l’insignifiance de ces comportements.

Photo réalisée par Nicolas MICHON – Pour plus d’informations voir le site de l’artiste:http://nykomi.com/blog/accueil.php