267plan-sante-mentaleSans me prendre pour l’inspecteur Gadget, il m’apparaît évident que les trois agressions perpétuées à Joué-les-Tours, à Dijon et à Nantes, relèvent de personnes connues des milieux psychiatriques, c’est en tout les cas ce qui résulte des communications officielles qui ont été faites. Je m’étonne cependant qu’après ce constat, que je ne mets pas en cause, la réflexion sur l’état de la santé mentale dans notre société ne soit pas davantage ouverte et mise sur le devant de la scène.

En tant que Maire d’Annecy, il y a longtemps que j’observe ce phénomène inquiétant de personnes que l’on peut qualifier de schizophrènes (mais pas seulement), effectuer des séjours dans des centres spécialisés, puis en sortir avec un protocole médicamenteux.

Les témoignages des voisins, mais surtout de leur famille et de quelques mamans que j’ai reçus personnellement, sont accablants et me plonge dans le désarroi, puisque pratiquement impuissant dans ce domaine, sur les actions à mener.

La difficulté réside dans le fait que ces malades, précisément parce qu’ils sont malades, fragiles psychologiquement, ne prennent pas de manière régulière et sur le long terme, le traitement qui pourrait les aider et aider leur entourage à vivre normalement.

Un expert indiquait que nous aurons de plus en plus de personnes dans ces situations. Il nous faut donc un dispositif le plus fiable possible pour d’une part, protéger le malade de lui-même et d’autre part, protéger ses proches et sa famille.

La mise en place d’un conseil local de santé mentale sur le territoire de l’agglomération (que j’ai demandé), réunissant les responsables sanitaires, les services sociaux etc… serait un premier pas vers une coordination qui manque cruellement dans ce domaine.

Si cette structure est une première avancée, l’État doit prendre en compte de la manière la plus énergique possible l’insuffisance notoire du nombre des psychiatres sur le plan national. La Haute-Savoie accuse un déficit très élevé de ces spécialistes.

Le diagnostic posé sur une maladie est souvent douloureux pour le patient et sa famille.

Le diagnostic posé sur une maladie psychique est à la fois douloureux et honteux pour le patient et sa famille.

C’est un défi que notre société doit relever. Joué-les-Tours, Dijon, Nantes, nous imposent de traiter ce sujet qui dérange.